L'IA générative est devenue, en deux ans, l'usage numérique qui progresse le plus vite jamais mesuré en France. Voici les chiffres à connaître pour situer où en est l'enseignement, et en particulier l'histoire-géographie, dans cette progression.
48 % des Français utilisent l'IA générative en 2025, contre 20 % en 2023 (CRÉDOC, 2026) — la progression la plus rapide jamais mesurée par le Baromètre du numérique en 25 ans. L'État investit plus de 20 millions d'euros dans une IA souveraine pour les enseignants, disponible à partir de la rentrée 2026-2027. Sur l'histoire-géographie spécifiquement, plusieurs académies (Amiens, Strasbourg) documentent déjà des usages via les TraAM 2025-2026.
L'adoption de l'IA générative en France : où en est-on ?
Selon le Baromètre du numérique du CRÉDOC (édition 2026), 48 % de la population française utilise des outils d'IA générative en 2025, contre 20 % en 2023 — une hausse de 28 points en deux ans que le CRÉDOC qualifie d'inédite en 25 ans d'existence de l'enquête.
- →85 % des 18-24 ans déclarent utiliser l'IA générative, contre 15 % des 70 ans et plus — un écart générationnel qui structure aussi les usages en classe
- →Les usages personnels (42 %) restent devant les usages professionnels (30 % des actifs)
- →73 % des utilisateurs y ont recours au moins une fois par mois, 21 % quotidiennement
- →52 % des Français se déclarent méfiants vis-à-vis de l'IA ; parmi les utilisateurs, 64 % disent vérifier les informations produites
Pour un enseignant d'histoire-géographie, ce dernier chiffre est le plus utile : la moitié de la population reste méfiante, et même chez les utilisateurs réguliers, la vérification des sources n'est pas systématique. C'est précisément la compétence — croiser une source, évaluer sa fiabilité — que le programme d'histoire-géographie travaille déjà. L'angle pédagogique n'est donc pas seulement « utiliser l'IA », mais aussi apprendre à la questionner.
Et côté éducation ? L'investissement de l'État
Le gouvernement a lancé à l'été 2025 un appel à projets France 2030 doté de plus de 20 millions d'euros pour développer une IA souveraine destinée aux enseignants, baptisée P2IA « Geste enseignant ». Elle vise à accompagner la préparation de cours et l'évaluation des élèves, avec une mise à disposition annoncée à partir de la rentrée 2026-2027.
Ce projet est transversal — il ne cible pas spécifiquement l'histoire-géographie — mais il confirme que l'IA générative en classe n'est plus une expérimentation isolée d'enseignants pionniers : c'est désormais un axe d'investissement public structuré, avec un calendrier officiel.
Histoire-géographie : une discipline mobilisée par les académies
Au niveau académique, le dispositif des Travaux Académiques Mutualisés (TraAM) consacre pour 2025-2026 un chantier spécifique aux usages de l'IA en histoire-géographie, selon l'appel à projets publié par Éduscol. Le thème couvre trois axes : les finalités de l'IA en classe (inclusion, apprendre à apprendre, esprit critique), les modalités d'usage et d'évaluation compatibles avec le RGPD, et la compréhension du fonctionnement des IA pour un usage éthique.
Certaines académies documentent déjà publiquement ce travail : l'académie d'Amiens a ouvert une page dédiée « TraAM 2025 : l'intelligence artificielle » en histoire-géographie, et l'académie de Strasbourg a publié dès 2024-2025 des réflexions sur les usages de l'IA dans la discipline. C'est un signal net : l'histoire-géographie fait partie des matières où l'IA conversationnelle est prise au sérieux comme objet pédagogique, pas comme simple gadget.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Aucune enquête publique ne mesure aujourd'hui, spécifiquement, le taux d'adoption de l'IA générative chez les enseignants d'histoire-géographie en France — les chiffres du CRÉDOC portent sur la population générale, pas sur cette profession précise. De même, la participation d'une académie à un TraAM sur l'IA ne mesure pas une adoption massive : c'est un dispositif d'expérimentation encadrée, qui touche par nature un nombre limité d'enseignants volontaires avant une éventuelle diffusion plus large. Ces deux nuances évitent de surinterpréter des signaux réels mais partiels.
Questions fréquentes
- →Quel pourcentage de Français utilise l'IA générative en 2026 ? 48 % de la population l'utilisait en 2025, selon le Baromètre du numérique du CRÉDOC (édition 2026), contre 20 % en 2023.
- →Existe-t-il une IA officielle pour les enseignants français ? Un projet financé par France 2030 (P2IA « Geste enseignant », plus de 20 millions d'euros) est annoncé pour la rentrée 2026-2027, destiné à la préparation de cours et à l'évaluation.
- →L'histoire-géographie est-elle concernée par les TraAM sur l'IA ? Oui, l'appel à projets TraAM 2025-2026 publié par Éduscol consacre un thème dédié à l'IA en histoire-géographie, avec plusieurs académies déjà engagées publiquement, dont Amiens et Strasbourg.
- →Ces chiffres mesurent-ils l'usage réel en classe d'histoire-géographie ? Non. Ils mesurent l'adoption de l'IA générative dans la population générale et l'investissement public — pas un usage en classe mesuré discipline par discipline, qui n'existe pas encore comme donnée publique.
Sources : Baromètre du numérique, CRÉDOC, édition 2026. Enseignementsup-recherche.gouv.fr, appel à projets France 2030 « Pionniers de l'intelligence artificielle ». Éduscol, appel à projets TraAM 2025-2026. Académies d'Amiens et de Strasbourg, pages TraAM histoire-géographie.
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